Une prothèse dentaire amovible remplace plusieurs dents absentes et se retire pour le nettoyage. Depuis 2021, les modèles en résine du panier 100 % Santé sont intégralement remboursés, sans reste à charge. Encore faut-il que l'appareil reste bien adapté. Ce contrôle se fait chez un dentiste à Éragny-sur-Oise.
Une prothèse remplace une ou plusieurs dents absentes. Le premier choix porte sur le caractère fixe ou amovible de l'appareil.
Selon le Cabinet Dentaire Bontemps, la prothèse amovible désigne un dispositif de remplacement des dents absentes que le patient retire et replace lui-même, reposant sur la fibromuqueuse et, le cas échéant, sur les dents restantes, réalisé en résine acrylique ou sur châssis métallique chrome-cobalt.
Deux éléments de cette définition méritent d'être retenus. L'appui se fait sur la fibromuqueuse, c'est-à-dire la gencive, un tissu souple qui se remodèle avec le temps. Et le matériau, résine ou châssis métallique, détermine à la fois le confort, la finesse et le rattachement au panier de remboursement.
L'Assurance Maladie classe tous ces actes dans trois paniers de soins. Le panier 100 % Santé, sans reste à charge. Le panier aux tarifs maîtrisés, dont les prix sont plafonnés. Le panier aux tarifs libres, dont le prix n'est pas encadré.
Le panier 100 % Santé regroupe des couronnes, des bridges et des prothèses amovibles intégralement remboursés par l'Assurance Maladie et la complémentaire santé, à condition de disposer d'un contrat responsable.
L'extension aux appareils amovibles est récente. L'Assurance Maladie précise que depuis 2021, le panier 100 % Santé couvre les prothèses amovibles ainsi que les actes de réparation de ces prothèses. Avant cette date, seules les prothèses fixes étaient concernées.
Le périmètre est précis. Sont incluses les prothèses amovibles définitives en résine remplaçant 9 à 14 dents sur un seul maxillaire, ou 2 fois 14 dents quand les deux maxillaires sont totalement édentés. Les prothèses amovibles de transition en résine sont couvertes plus largement, de 1 à 14 dents sur un maxillaire. S'y ajoutent le changement de 1 à 8 facettes et le supplément pour 1 à 6 dents contreplaquées.
Une question revient systématiquement : ces appareils sans reste à charge sont-ils de moindre qualité ? L'Assurance Maladie y répond directement. Les prothèses du panier 100 % Santé respectent des normes de qualité permettant de répondre aux besoins des patients, avec des matériaux dont la qualité esthétique est adaptée à la localisation de la dent.
L'offre est enfin disponible chez tous les chirurgiens-dentistes. Aucun praticien ne peut refuser de la proposer, et le devis doit faire apparaître le panier de rattachement de chaque acte.
Dans le panier 100 % Santé, le prix est plafonné par un honoraire limite de facturation. Le patient ne paie rien, mais connaître ces plafonds aide à lire un devis.
|
Acte prothétique (panier 100 % Santé) |
Base de remboursement |
Montant maximum |
|
Appareil complet définitif, une arcade, résine |
182,75 € |
1 133 € |
|
Appareil complet définitif, deux arcades, résine |
365,50 € |
2 369 € |
|
Prothèse définitive de 9 dents |
129 € |
700,40 € |
|
Prothèse définitive de 13 dents |
172 € |
875,50 € |
|
Appareil complet de transition, une arcade |
182,75 € |
535,60 € |
|
Réparation d'une prothèse résine fêlée ou fracturée |
21,50 € |
82,40 € |
|
Ajout ou changement d'une dent sur l'appareil |
21,50 € |
87,55 € |
|
Ajout ou changement de 6 éléments |
75,25 € |
258,53 € |
Les deux lignes en bas du tableau méritent attention. Une réparation coûte moins de 90 € au tarif plafonné et relève du panier sans reste à charge. C'est très inférieur au prix d'un appareil neuf, et cela suffit dans beaucoup de situations où l'on croit devoir tout refaire.
Les repères de suivi et d'entretien exposés ici s'appuient sur la pratique du Cabinet Dentaire Bontemps, situé au 57 avenue du Bontemps à Cergy, dans le Val-d'Oise. Le cabinet reçoit les patients de Cergy-Pontoise et des communes voisines, à 35 minutes de Paris par le RER A. L'équipe y consacre une consultation entière au contrôle d'un appareil ancien, avec vérification de l'appui sur la gencive et recherche des points de blessure avant toute décision de remplacement.
Les données françaises montrent un écart important entre le fait de porter une prothèse et le fait d'en porter une qui fonctionne.
Un travail conduit dans le cadre de la cohorte PAQUID, en Gironde et en Dordogne, a examiné à domicile 88 personnes de plus de 90 ans, par des chirurgiens-dentistes et des étudiants. Les résultats sont nets : 46 participants étaient édentés et 62 % des prothèses étaient mal adaptées. Surtout, 89 % des participants avaient besoin de soins dentaires, alors que 27 % seulement estimaient en avoir besoin.
Cet écart entre besoin réel et besoin ressenti est le cœur du problème. Une prothèse qui blesse depuis des mois finit par sembler normale. La personne mange moins, mâche d'un seul côté, évite certains aliments, et n'associe pas ces adaptations à un appareil défectueux.
Une seconde étude transversale, menée en 2019 auprès de 1 419 résidents d'EHPAD en Nouvelle-Aquitaine, complète le tableau. L'indice CAOD moyen atteint 20,9, 58,5 % des résidents présentent des caries non traitées et 81,1 % sont partiellement édentés.
Concrètement, pour une personne de 85 ans qui porte le même appareil depuis huit ans, la probabilité qu'il soit encore parfaitement ajusté est faible. La gencive et l'os se remodèlent en continu après la perte des dents, et l'appareil, lui, ne change pas de forme.
L'entretien conditionne à la fois le confort et la santé de la muqueuse. Ces gestes prennent moins de cinq minutes par jour.
Certains signes indiquent qu'un ajustement est nécessaire. Ils apparaissent progressivement, ce qui explique qu'on s'y habitue.
Une prothèse amovible n'est pas un objet définitif que l'on pose et que l'on oublie. C'est un appareil qui s'adapte à une bouche qui, elle, continue de changer. Le contrôle annuel n'a rien d'un excès de précaution : c'est ce qui sépare un appareil confortable d'un appareil que l'on finit par ne plus porter.